Une Photographie, Une Histoire : "Sadhu" - ArtPhotoLimited.com

Une Photographie, Une Histoire : "Sadhu"

"Photo prise sur des escaliers à Bhubaneswar dans l'Orissa en Inde" Alexandre Peplaw
Interview Alexandre Peplaw

ArtPhotoLimited : Votre photo s’appelle Sadhu, vous l’avez prise sur un escalier à Bhubaneswar à l’est de l’inde. Alors la première question que l’on se pose, Que veut dire « Sadhu » ?

Alexandre Peplaw : Je vais vous donner ma propre définition, bien qu’une définition plus riche peut être disponible sur internet mais pour moi, le Sadhu représente le haut de l’indouisme, un peu comme le moine chez les bouddhistes. C’est une personne qui a renoncé à toute forme de matérialisme, toute forme de vie sociale, toute forme de relation amoureuse, de travail, il a renoncé aux bien matériels. Le Sadhu est toujours en quête, il prie souvent et représente, dans la culture indouiste, l’homme sain, le graal.

Comment vous êtes-vous retrouvé à Bhubaneswar ?

C’était lors de mon deuxième voyage en Inde, en 2012, dans la région de l’Orissa. J’étais parti de l’ouest, de Bombay et j’avais décidé de traverser le pays jusqu’à Calcutta mais sans traverser une région touristique. C’est alors que je me suis arrêté à Bhubaneswar, la plus grande ville de la région, dotée d’un riche patrimoine culturel comme des temples et surtout libérée de toute pollution touristique ce qui lui donnait un aspect authentique.

Comment s’est déroulé votre rencontre avec le Sadhu ?

Il y a une petite histoire propre à cette photo. Je marchais lorsque j’ai vu un escalier qui menait vers un temple. C’était tôt le matin. C’est alors que j’ai vu le Sadhu, il était magnifique. Il dormait sur les marches de ce temple alors je me suis approché doucement pour ne pas le réveiller. Il y avait d’autres indiens autour alors un petit jeu avec eux s’est instauré. Je leur ai bien montré que je ne voulais pas le réveiller mais en Inde, l’habitude veut qu’un Indien doit se tenir droit et être présentable sur une photo. Je me suis encore approché de quelques mètres. J’avais pris une photo juste avant au cas où il se réveillerait mais comme par miracle, ses yeux se sont ouverts au moment du clic, pile au moment où je prenais la photo ! Il a semblé surpris. On s’est échangé un regard qui en disait long : moi je lui disais « Cette photo, je suis vraiment désolé, je te la vole, elle est trop belle » et lui a compris, m’a fait un petit geste de tête qui voulait dire « Pas de soucis ».

Une fois qu’il était réveillé, que s’est-il passé ?

Je lui ai montré la photo et il a souri. Ce fût un beau moment, un bel échange…

Et quel appareil utilisez-vous ?

Lors de la photographie je n’avais pas encore mon nouvel appareil, j’avais un Canon 550D mais aujourd’hui j’ai un 7D.

Depuis quand avez-vous su que vous étiez né pour être Photographe ?

Je n’ai jamais réellement su, ça m’est tombé dessus. Mon histoire est singulière car je n’ai jamais appris pour ça. Il y a une douzaine d’année j’ai commencé à prendre des photos au cours de mes voyages en Back pack, comme tout le monde, pour les montrer à mes amis. C’est d’ailleurs eux qui, plus tard, m’ont dit « Alex il faut que tu fasses quelque chose de tes photos ! ».

Alors un matin, au réveil, ça m’a pris, et je me suis lancé avec le pseudonyme « Alex photo du monde ». Mon audience a augmenté, le public était au rendez-vous. On m’a ensuite demandé si je vendais mes photos et l’engrenage a pris. J’ai commencé à faire des shootings, des mariages…

Depuis 3/4 ans que je fais ce métier, je n’ai jamais photoshopé une seule de mes photos, un peu d’ajustement au niveau de l’éclairage mais c’est tout, jamais de filtres, jamais de trépied et c’est quelque chose qui me tient à cœur. Je veux montrer de l’authentique. Je photographie simplement et c’est comme ça que j’aime mon métier.

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