Une Photographie, Une Histoire : "Desert du Thar Rajasthan"

Desert Du Thar Rajasthan
"Deux femmes vont chercher de l'eau dans une citerne décorée par les enfants du désert du Thar au Rajasthan en Inde en 2004." Emmanuel Lhoste

Interview Emmanuel Lhoste


ArtPhotoLimited : Votre photographie s’appelle "Désert du Thar Rajasthan" en Inde. Dans quelle ville était-ce exactement ?

Emmanuel Lhoste : On se trouve dans le désert à 50 km à l’ouest de Jasalmer pas très loin du Pakistan. Le désert est très peuplé. On s’en aperçoit la nuit quand on voit scintiller les lumières des villages au loin.

Pour quelle raison êtes-vous allé dans ce pays ? Combien de temps êtes-vous resté ?

J’étais fort jeune et je voyageais beaucoup sans raison particulière à part de voir du pays. Je suis resté 1 mois.

Qu'est-ce qui vous a plu dans cette scène ?

Dans le désert, les villages et les citernes sont espacés de plusieurs kilomètres. Il faut souvent marcher longtemps. Voir un puit au milieu de nulle part est très étonnant. On pense qu’il n’y a rien autour de nous à part la mort et d'un seul coup, surgit un élément qui nous ramène à la vie.

Il y a un côté surréaliste dans cette photo entre désert et citerne... Qu'en pensez-vous ?

En effet il y a un côté surréaliste. Pour vous raconter une anecdote : on est au mois d’octobre ou novembre et c’est la saison chaude dans le désert. Il fait plus de 50° à l’ombre et il n’y a pas d’ombre comme vous pouvez vous en douter. Je n’ai pas les moyens de me payer une chambre avec climatisation et je dors très mal la nuit sans compter que je suis réveillé par l’appel à la prière des musulmans puis des bouddhistes. Bref, je suis dans un état second psychédélique et cette photo représente exactement le souvenir que j’ai du désert du Thar.     

Les tonalités pastel donnent un côté très poétique à cette photographie. Est-ce lié à la lumière naturelle du désert ou à un travail particulier effectué sur cette photo ?

Le désert a une couleur monochrome pastel due à la couleur du sable. La lumière écrasante fait pâlir la faible végétation. La photo est une diapo. Ensuite il y a aussi un travail de post production numérique sur cette photo. J'ai cherché à créer une photo qui se rapproche d'une peinture pour accentuer encore plus le côté irréel de la scène.

Avez-vous pu discuter personnellement avec les femmes présentes sur la photographie ?

Oui j’ai un peu discuté. Elles me disaient que le village se trouvait à 3 km derrière la dune qu’elles me montraient, mais que je ne voyais pas. Elles allaient puiser l'eau à 5 heures du matin car quelques heures après elles ne pouvaient plus marcher dans le désert à cause de la chaleur. Je me rappelle qu’elles étaient très jolies avec leur grand sourire aux lèvres et leurs belles dents blanches.

J'imagine qu'elles ramenaient l'eau puisée au village. Pouvez-vous nous expliquer un peu plus le contexte dans lequel se trouvait ce village à l'époque ?

Oui elles font ça 2 fois par jour. Les villages n’ont pas l’eau courante, mais grâce aux puits la vie est possible dans le désert. Il faut savoir que la densité de population dans le désert du Thar est identique à celle de la France. Étonnant non ! Pour l’électricité, il y a les éoliennes et là encore pas de problème, car ce sont des régions venteuses. Et pour le ravitaillement, il y a de grands marchés et dans le pire des cas ils vont à pied à Jasalmer, situé à 50 km.

Dernière question plus personnelle : depuis quand exercez-vous le métier de photographe ?

J’exerce le métier de photographe depuis 2012 je fais des photos de reportage pour des mariages, mais aussi pour des événements d’entreprises.  La photographie n’est pas facile à vendre. Pour le particulier le prix de la main d’œuvre d’un artisan semble trop cher. Et sur le marché des entreprises, il faut avoir un vrai talent de commercial en plus de celui de photographe pour pouvoir travailler.

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