Une Photographie, Une Histoire : "Dressage"

"Autorisation exceptionnelle de la chambre de commerce de Bordeaux, intérieur Palais de la bourse de Bordeaux, cheval dressé par C. Faivre , sans retouche, calage lumière, cheval ayant monté les marches d'escalier. Photo destinée à une exposition d'art. Format carré, moyen format numérique, carré. " Yves Theobald

Interview Yves Theobald



ArtPhotoLimited : Cette photo a été prise dans la chambre de commerce de Bordeaux, à l'intérieur du Palais de la bourse. Comment avez-vous eu l'idée de cette photographie ?

Yves Theobald : Je travaille depuis 2009 sur une exposition de photographies "Impulsion", où les acteurs sont les chevaux.
  Pour cette image, l'idée est simple : je recherchais un lieu où le cheval n'avait pas de repaire, un lieu qui me parlait, un lieu normalement difficile d'accès pour un animal de cette taille.  J'aime le défi, notamment travailler avec des chevaux, des animaux impulsifs, puissants, craintifs, habitués à être en extérieur... 
J'ai eu la chance de collaborer avec une dresseuse professionnelle, enthousiasmée par ce projet audacieux qui représentait un défi pour elle et ses chevaux.  Un sponsor de dernière minute m'a permis de financer une partie de cette série, notamment la venue des chevaux mais aussi leur hébergement.


Racontez-nous dans quel contexte cette photo a-t-elle été prise ?

Bordeaux est une ville où il y a beaucoup de richesse, je venais de m'installer dans cette ville, en 2010.  Mon 1er défi a été d’obtenir les autorisations pour faire venir des chevaux dans la ville de Bordeaux, puis d'acquérir l’autorisation d'accéder à la chambre de Commerce. Mon second defi fût de trouver un dresseur de chevaux et de le convaincre de collaborer à mon projet.
J'ai dû travailler très rapidement, la Chambre de Commerce de Bordeaux m'a ouvert ses portes pour une demi-journée, délai excessivement court pour ce type de production.  Malgré les aspects techniques maîtrisés et le fait d'avoir travaillé en amont, je suis souvent obligé de m'adapter car quelque part, c'est toujours le cheval qui décide.  Le lieu étant classé, le cheval a dû porter des protections sur les sabots. Ma démarche reste créative. Avec ce type de photographie, « Impulsion » devient parfois une performance.  Les chevaux ont découvert les lieux le jour de la prise de vue. La direction artistique a été faite en direct en même temps que le choix du lieu sans aucune répétition faite en amont.


Pourquoi avoir choisi la couleur plutôt que le noir et blanc ?

La couleur est plus appropriée pour cette série, je ne me suis pas posé cette question, c’était, pour moi, comme une évidence.

Comment avez-vous géré vos effets de lumière sachant que la photographie n'a pas été prise en studio ?

J'avais établi un lieu précis où le cheval devait être positionné. Dans ma tête, ma photo était en place avant même qu’elle soit prise. À partir de ce moment, 6 lampes flash ont été positionnées dans divers endroits stratégiques par deux assistants. Rien n'a été laissé au hasard dans le cadre que je m'étais fixé, sans aucune retouche.

Plusieurs de vos photographies mettent en scène des chevaux. Vouez-vous une forme de passion à l'égard de cet animal ?

J'aime me surpasser, et le cheval en tant que tel est un défi car j'avais très peur des équidés. Lorsque j'ai décidé de m'en approcher, un éleveur de chevaux près de Carcassonne, m’a proposé de rester une semaine avec lui, afin de faire connaissance, avec ses animaux. Ce travail avec le cheval m’a permis aussi de mieux me connaitre et de surmonter mes peurs.

Votre intention est-elle toujours la même lorsque vous prenez des photographies ?

En règle générale, j'aime mettre les gens en confiance avant le shoot, avoir une belle image afin que la photo me transporte. L’équipe avec qui je travaille doit être investie et que ce soit les assistants photos, les stylistes, les maquilleurs, les coiffeurs ou les dresseurs, chacun doit donner le meilleur de lui-même.

Depuis quand exercez-vous le métier de photographe ?

J’ai commencé en 1996. J’ai notamment été reporter photo pour la presse écrite. Je me suis ensuite dirigé vers le secteur de la photographie publicitaire industrielle. 
En 2002, j'ai fait construire mon studio photo, revendu en 2013. De 2011 à 2014, j'ai été co fondateur de Pretext Factory, une agence de communication à Bordeaux. 
Aujourd'hui, après un séjour à New York, je poursuis l'aventure avec 1YTbranding, toujours à Bordeaux.


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