Une Photographie, Une Histoire : "New York City 1980"

"New York City hiver 1980. Les femmes de Manhattan parlent avec un policier" Francis Apesteguy

Interview Francis Apestéguy


Francis Apestéguy est un célèbre photographe français qui a longtemps travaillé comme paparazzo pour les plus grandes agences de presse comme Sipa et Gamma. Ses photographies ont notamment été exposées au centre Pompidou de Metz lors de l’exposition « Paparazzi ».


ArtPhotoLimited : Pouvez-vous m’expliquer le contexte dans lequel a été pris cette photo ?

Francis Apestéguy : C’était en 1980 lors de mon premier séjour aux USA, j'étais émerveillé par cet univers. En tant que jeune paparazzo, j'avais l'habitude de photographier mon sujet de près quitte à en subir les conséquences. Robert Capa disait d’ailleurs à ce sujet : "Si tes photos ne sont pas bonnes, c'est que tu n'étais pas assez près". J’ai donc appliqué la même technique à la photographie de rue. Dans cette image, j'aime l'attitude du policier habillé comme dans Tintin, le regard surpris. On a l’impression de l’entendre m’interpeller "Hey, you !" appuyé du mouvement de sa main, alors que les deux bourgeoises de Manhattan semblent au contraire ravies d'être photographiées…

De votre point de vue de photographe, qu'est-ce qui vous a plus séduit à New York ?

C'est l'énergie décontractée des américains !

En quoi votre expérience de paparazzo vous a-t-elle servi pour les photographies de rue ?

En tant que paparazzi nous ne sommes pas invités à faire des photos, alors il faut faire vite et bien, ce qui est une très bonne école … Et en argentique c'était ou bon ou mauvais, nous n'avions pas photoshop !

Cette photographie a été réalisée en argentique. Êtes-vous nostalgique de cette époque ?

Cette photographie a été faite avec un Leïca au 35 mm avec un film TriX 400 asa. Je ne suis pas nostalgique de cette époque. L'évolution vers le digital c'est un peu comme lorsque le charbon a été remplacé par le pétrole. Mais je considère cependant que l'immédiateté du digital, de par son écran, obère la démarche psychologique de la photographie.

Qu'est-ce qui vous a conduit à embrasser le métier de photographe ?

J'étais un cancre à l'école, alors quand mes parents ont compris que je serais mieux dans la vie active ils m'ont placé comme assistant. C'est entre autres grâce à cela que j'ai eu l'occasion d'assister Sam Lévin, Willy Rizzo et enfin Helmut Newton. Je me suis ensuite lancé comme reporter photographe en partant de mon propre chef couvrir les événements à Belfast en Irlande du nord. Mes photos ne firent pas un tabac, mais c'était un bon début !

Comment vous êtes-vous spécialisé dans la photographie de célébrités ?

Dans les agences de photographies comme Sipa Press ou Gamma il faut savoir tout faire, c'était donc occasionnel mais cela représentait quand même les deux tiers de mon temps.


Acheter cette photographie