Une Photographie, Une Histoire : "Joe Dassin" - ArtPhotoLimited.com

Une Photographie, Une Histoire : "Joe Dassin"

"Dans la seule lumière de sa loge, un bon moment d'accord." Jacques Bétant

Interview de Jacques Bétant



ArtPhotoLimited : cette photo d’août 1970 nous fait rentrer dans l’intimité du chanteur Joe Dassin.

   En 1970, j’étais embauché pour réaliser des portraits-reportages lors d’interviews d’artistes qui se produisaient au Théâtre de Beaulieu à Lausanne. J’accompagnais la journaliste Sylvette Mauron au concert de Joe Dassin. Nous nous sommes ensuite rendus devant sa loge où tous les photographes furent refusés, à mon exception. Je l’écoutais donc répondre aux questions de la journaliste, j’avais la liberté de prendre quelques clichés. Il était très détendu et prenait le temps de s’allumer un cigare. C’est alors qu’il y a eu cet éclairage provenant d’une lampe de chevet, c’est à ce moment que la transformation a opéré. Cette lumière, cette attitude, ce regard : on pouvait voir ce qui transparaissait au plus profond de sa personne.

- Joe Dassin, un amateur de cigares au grand cœur.

   Durant l’interview, il était relax, très sympathique. C’était une personne très agréable, avec beaucoup d’humour. Il nous a d’ailleurs confié que s’il n’avait pas été chanteur, il aurait voulu être marchand de cigares. D’après lui « Il n’y a que très peu de marchands de cigares dans le monde. Un cigare, quelle chose extraordinaire : il y a des années, des millésimes, comme pour le vin. Beaucoup de gens l’ignorent ». Joe Dassin aimait profiter de la vie et aimait communiquer sa joie de vivre : « Je voudrais que les gens viennent et que, pendant une heure, ils ne pensent à rien d’autre qu’à se distraire ».

- Parlez-nous de la courte carrière de Joe Dassin.

Joe Dassin est né à New York en 1938, et a grandi en Californie. Pendant les années du maccarthysme il s’est exilé en France où il a obtenu son baccalauréat à l’âge de 18 ans, puis s’est envolé étudier aux Etats-Unis où il a obtenu son doctorat d’anthropologie et a commencé à composer. De retour à Paris, il a enchainé les petits boulots et a enregistré quelques morceaux qui n’auront pas grand succès. En 1966, son titre « Bip Bip » lui a permis de se faire un nom et de séduire un public essentiellement féminin. Le véritable succès n’arriva qu’en 1967 avec son titre « Les Dalton ». Il enchaine ensuite les tubes, les disques d’or et les scènes pleines. L’auteur de « Si tu n’existais pas », « l’Amérique », « Les Champs Elysées » ou encore « L’été Indien » a fini sa carrière suite à un énième arrêt cardiaque dans un restaurant à Tahiti le 20 août 1980 à l’âge de 41 ans.

- Vous photographiez des personnes connues depuis plus de 60 ans.

   J’ai commencé la photographie à l’âge de 17 ans alors que je poursuivais des études d’ingénieur. Cette passion ne m’a alors plus quitté. Ce qui m’a toujours intéressé dans la photo, c’est d’essayer de trouver la qualité intérieure de quelqu’un, et d’essayer de traduire cela en images. Même s’il n’est pas impératif d’aimer le travail d’un artiste pour réaliser de bonnes images, je fais toujours preuve d’un grand respect. Mon but ultime est de mettre en avant la profondeur de l’artiste. L’important est d’être réceptif à ce qu’il dégage et de ne jamais avoir d’idées préconçues. Pour cette photographie, publiée dans le magazine Suisse l’Illustré, j’ai utilisé un appareil Nikon F avec un objectif de 105mm.

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