Une Photographie, Une Histoire : "Walk The Line"

Walk The Line
"A la sortie d'un chemin un face à face amical avec un jeune male curieux. Il nous a accompagné quelques centaines de mètres avant de retourner vers son destin. Magistral!" Olivier Lavielle
Nous réalisons aujourd’hui une interview au sujet de votre photo « Walk the line ». Où avez-vous pris ce cliché ? Dans quelle ville ?

Je l’ai pris en Afrique du Sud, dans une réserve privée du nom de « inverdoorn » au nord de Captown, c’est de l’afrikanners (un mélange d’Anglo-saxon et de Germanique). Ce sont des particuliers qui ont acheté une réserve près de Captown. Cette réserve se place comme une forme de sanctuaire, qui récupère des animaux malades ou blessés dans le but de les soigner. C’est une petite réserve, c’est très loin d’être la plus grande mais je l’affectionne particulièrement car elle donne beaucoup de temps et d’argent pour une cause qui leur tient à cœur.

Quel était le contexte dans lequel vous avez pris cette photographie ? Comment vous l’avez connu ?

J’ai toujours été agacé par cette forme de non-respect qu’à l’être humain vis-à-vis de la nature. Alors je me suis demandé pourquoi ne pas chercher à prendre des images qui permettraient de se rendre compte de ce genre de choses. J’ai donc essayé de prendre des photos d’Afrique afin de les ramener en Europe dans le but de montrer quelque chose de réel, qui existe vraiment. La photo permet ici de s’imprégner et de capter cet univers, pour capter l’attention des gens. Après, chaque personne a la réflexion qu’il doit avoir mais au moins grâce à cela, tout le monde devient témoin de ce spectacle.

Quelle a été votre première impression lorsque vous avez aperçu l’éléphant pour la première fois ?

C’est toujours impressionnant bien évidemment de se retrouver en face d’un éléphant, car on venait tout juste de sortir d’un bosquet (un des rares bosquets que les éléphants n’ont pas encore détruits) et à ce moment-là, un dilemme se pose : est-ce que je fuis le plus rapidement possible ou est-ce que je fais confiance à l’animal, priant pour qu’il n’y ait aucun danger ? L’expérience m’a appris qu’il vaut mieux faire confiance pour avoir un meilleur contact avec les animaux en général. Dans cette réserve, il n’y a que 2 éléphants seulement et c’est le maximum qu’ils peuvent avoir malheureusement mais aucun d’eux ne sera agressif tant qu’on ne montre pas de signe d’agressivité à notre tour. Il en est de même pour les lions, les guépards… Et cette règle est généralement valable pour chaque espèce. Les parents d’un éléphanteau peuvent par contre se montrer agressif dans le sens où il se montre protecteur.

J’imagine que cette photo a été prise sur l’instant sans réellement de préparation au préalable ?

Jamais aucune de mes photos n’a été préparée, même lorsqu’on parle de photographies autres qu’animales. Je suis moins fan de shooting de mode par exemple car je les trouve trop répétitifs. Dans mon style de photographie il n’y a pas de moment interminable, on apprécie le moment présent et c’est ce qui fait la beauté de cet art après je suppose que c’est une question de philosophie. La photo est une sorte d’outil qui lit dans le cerveau d’une personne. Quand je vois quelque chose d’intéressant, j’essaie de prendre en photo ce moment, afin d’avoir la satisfaction d’offrir ce moment à d’autres personnes qui ne l’auraient pas vu. La nature est infiniment généreuse en moment, et lorsque qu’on remercie la nature pour ce moment, on a juste envie d’une chose, c’est de ne pas embêter l’animal. Ce n’est pas une question de supériorité mais de respect.

Quel appareil utilisez-vous aujourd’hui ?

Je travaille aujourd’hui avec un Panasonic car je suis ambassadeur de la marque mais cette photo a été prise avec un Nikon D800.

Dernière question qui vous concerne plus personnellement, depuis quand avez-vous su que vous vouliez être photographe ?

Revenons quelques années en arrière : au départ, je pilotais des avions, et c’est en passionné de mécanique et d’aviations que j’ai commencé à prendre des photos. En 2005, lorsque j’habitais aux États Unis, j’avais cette passion pour New York qui m’animait alors j’ai commencé à prendre ce qui me plaisait en photo et à les afficher dans mon salon. Plusieurs de mes amis passaient dans l’appartement en me demandant s’il pouvait prendre cette photo, puis celle-ci, puis celle-là… J’ai donc décidé de créer un site dédié où je référençais mes photos pour montrer aux autres mon travail. 3 semaines après, une galerie m’a téléphoné pour exposer mon travail, les choses se sont faites très vite et c’est là que tout a réellement commencé.

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