Une Photographie, Une Histoire : "Opéra de Paris en 1916"

Opera de Paris en 1916
"Opera de Paris : scène de rue bondée de voitures, de chevaux et de voitures, de tramways et de piétons en 1916." Vintage Collection

Photographie Opéra de Paris en 1916 - State Library of Victoria

Cette photographie représente l’Opéra de Paris, aujourd’hui appelé l’Opéra Garnier.

Un bâtiment construit à la suite d’un attentat contre Napoléon III.

    L’Opéra de Paris, désormais appelé Opéra Garnier ou palais Garnier, doit son nom à l’architecte Charles Garnier. Le bâtiment a été construit sur ordre de Napoléon III, suite à un attentat par des anarchistes italiens survenus le 14 janvier 1858 rue Le Peletier où se situait alors la salle d’Opéra de référence à Paris. Le couple impérial fut miraculeusement épargné, mais huit personnes perdirent la vie ce jour-là. Le lendemain du drame, Napoléon III ordonna la construction d’un nouveau lieu d’apparat de la haute société parisienne, dans une grande rue moins propice aux attentats, actuellement située dans le 9ème arrondissement de Paris. Le projet fut alors déclaré d’utilité publique par un arrêté impérial le 29 septembre 1860.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, la construction a été arrêtée, laissant le bâtiment non terminé. Ce n’est qu’au début de la troisième république, après un incendie survenu à l’opéra Le Peletier en 1873, que la construction repris. Le bâtiment a ainsi été inauguré le 5 janvier 1875 par le président Mac Mahon. L’Opéra est d’ailleurs considéré comme un monument particulièrement représentatif de l’architecture éclectique et du style historiciste de la seconde moitié du XIXème siècle.

Des péripéties de construction à l’initiative de la légende du fantôme de l’Opéra.

   Lors des fouilles et des excavations, destinées à la réalisation des massifs de fondations, les travaux furent brusquement interrompus à cause du niveau de la nappe phréatique. Pour pouvoir construire, les ouvriers ont dû mettre en place des pompes à vapeur fonctionnant nuit et jour pendant sept mois afin d’assécher les puits des quartiers alentours. Un cuvelage en béton rempli d’eau a ainsi été créé, permettant aux infrastructures de résister à la pression des eaux d’infiltration et de mieux répartir les charges d’une partie des bâtiments du sous-sol. Aujourd’hui, il sert de réservoir pour les pompiers en cas de sinistre.

  C’est cette péripétie qui donna lieu à la légende d’un lac souterrain alimenté par un cours d’eau portant le nom de « Grande-Batelière ». Cette légende fut d’ailleurs exploitée et entretenue par le célèbre romancier Gaston Leroux avec « Le Fantôme de l’Opéra ». Le roman conte l’histoire d’Ernest, un jeune pianiste qui tombe éperdument amoureux d’une danseuse du conservatoire avec qui il prévoit de se marier. Il décide donc de lui composer une musique pour le jour de son mariage. Entre-temps, l’Opéra prend feu et la belle décède. Ernest se serait alors réfugié dans les sous-sols pour y terminer sa composition et y mourir seul. En 1907, des ouvriers qui creusaient le sous-sol ont d’ailleurs trouvé un cadavre, on présumera ainsi qu’il s’agit de celui du fantôme. Toutefois, une seconde légende raconte qu’Ernest est toujours en vie, et se nourrit de poissons qu’il trouve dans le réservoir construit en 1863.

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